Charpentiers de marine au Maroc

Je trainais ce soir dans les archives de Tendance Bleue. Quelquefois, un rapide coup d’oeil en arrière permets d’aller de l’avant. Je ressors un billet du 8 novembre 2006. J’ai toujours aimé cette photo et Essaouira où elle a été prise.
Elle date de l’été 1990, si mes souvenirs sont bons. Elle marque pour moi une sorte de retour aux sources. Le windsurfer que j’étais (et que je suis toujours) avait pris la tangente pour l’été, écrasant le champignon pour s’évanouir vers le sud. A l’époque la piste du vent et des vagues portait les « clochards célestes » de mon espèce vers Tarifa puis vers Essaouira, l’ancienne Mogador, au sud du Maroc. D’autres avaient suivi cette trace, mais pour d’autres raisons, notamment Jimi Hendrix dans les années 1960 et Orson Wells, le cinéaste, pour un film devenu célèbre. Bref, nous roulions libres comme l’air, sûrs de suivre une ligne de fuite approuvée dans la passé par les plus dignes instances du rock’n roll et du cinéma, et surtout des personnages qui avaient allumé la mèche de deux cotés.
Les planches, voiles et autres wishbones étaient entassés dans la voiture, mais celle à qui je dois tant, avait eu la bonne idée de s’acheter lors d’un récent voyage à Boston, un appareil photo. Un minolta 7000 plus précisemment, un des premiers AF grand public dont je savais à peine me servir. Mais les boutons bleus dessus et sur le coté exitaient sérieusement ma curiosité. J’avais deux objectifs à ma disposition, un 28 mm et un 50 mm, mais j’avais récupéré je ne sais plus comment un porte filtre et un filtre plutôt bizaroïde avec deux parties tournantes qui donnaient des couleurs assez.. comment dire… innatendues dans 78,5% des cas. De temps à autre le résultat était pourtant satisfaisant. Je trainais donc à droite et à gauche en tournant les bidules à gauche et à droite, sûr de bientôt révolutionner l’art de la prise de vue et plus si affinité.
A Essaouira subsiste encore une activité de charpenterie de marine. On y fabrique des bateaux de pêche. Regarder travailler les charpentiers dans ce cadre si subblime (la baie d’Essaouira et la ville fortifiée) est me fascinait. J’y suis retourné il y a quelques années, rien n’avait bougé. Cette photo que vous avez complètement le droit de trouver « super pourrie » me touche encore, je ne la renie pas, d’ailleurs c’est même la raison pour laquelle je vous la montre. J’aime cette couleur un peu psychédélique, les courbe du bois et les déchets de coupe sur les cotés de l’image. Cette une vieille diapo Kodak. Toute abîmée, toute rayée. Comme un bon vieux vynil….
[...] l’univers des bateaux, je n’étais pas journaliste, à peine photographe débutant, mais j’avais ramené une image qui même après toutes ces années, je ne renie pas même si les effets au filtre m’ont [...]