Accessoirement, cette vidéo montre Jason Polakow exploitant toute l’étendue de son talent sur des gros sets à Teahupo la vague tahitienne, puis à Cloudbreak aux îles Fidji. C’est déjà deux bonnes raisons de la regarder. Pour ceux qui l’ignorent, Jason Polakow est sans doute le wave rider le plus talentueux de sa génération. C’est un windsurfer, il est australien. Sa première grande victoire fut la O’Neill en 1991. Il y battit dans des conditions dantesques Robby Naish. Il avait tout juste 18 ans. C’était énorme, j’y étais. Non seulement il avait gagné mais il arrivait avec un nouveau style d’évolution. Plus rapide plus fluide. 20 ans plus tard, il est toujours une figure marquante du sport, il est membre du team Oxbow depuis bien longtemps, son nom est devenu une marque.

La voix off du début est celle du rider qui apparait ensuite à l’image. Baptiste Gossein était un des wave-riders français les plus prometteur. Si doué qu’il intégra le team JP Australia, précisément la marque de Jason Polakow, passant le plus clair de son temps à Mauï et ailleurs dans le monde. Un mec très sympa que j’avais rencontré une seule fois dans le sud chez Philippe Lavigne qui lançait à l’époque windsurfjournal.com. Quelques années plus tard, en septembre 2009, Baptiste est victime d’un accident à Teahupo. Il est victime d’un grave traumatisme et resté paralysé des jambes.

Je trouve très symbolique et très forte cette vidéo pour cette raison. Je trouve très belle l’attitude de Baptiste. On imagine mal, à fortiori dans son cas, l’épreuve qu’il luia fallu surmonter, la somme des choses qu’il a du accepter d’avoir perdu. Aujourd’hui il vit sa passion d’une autre manière et a fait assez de chemin pour continuer à appeler son pote lorsque des conditions exceptionnelles sont annonçées. Baptiste s’occupe même aujourd’hui de la sécurité à Teahupo, sincèrement la démarche mérite un grand respect. Surfer Magazine a fait un sujet sur lui et je vous invite à lire ce (très bon comme d’hab’) papier sur Surf Prévention.

J’ai vu deux belles vidéos aujourd’hui sur le net. Deux extraits de films très fort humainement parlant, l’autre traitant de la place des noirs dans l’imaginaire du surf. J’en discutais à l’instant avec un autre journaliste, compagnon de réflexion sur ce métier qui ne consiste pas à mon sens, à donner des résultats, mais à raconter des histoires. Les sports de glisse aujourd’hui sont assez mûrs pour un autre journalisme, pour un regard plus aiguisé, plus documenté, plus profond et ces deux vidéos en sont la preuve.

Share