Archives TENDANCE BLEUE. Billet initialement publié le 19 octobre 2011

Il y a eu la ré-édition de la Volkwagen Coccinelle. La New Beetle a eu le succès que l’on sait même si son positionnement plus haut de gamme lui interdisait les mêmes volumes que le modèle initiale. Plus récemment, c’est la fameuse et fabuleuse Mini que l’on a relancé sur le marché et là aussi l’engouement rencontré doit sans doute être enseigné dans les écoles de marketing. Pourtant l’exercice était plus délicat qu’il n’y paraissait au départ tant la Mini Morris originale imaginée par Alec Isigonis était un produit ultra typé. Les fans de la marque dont je faisais partie (j’en ai eu une) étant aussi passionnés et liés à la marque que peuvent l’être les fans d’Apple aujourd’hui. Une Mini avait aussi un supplément d’âme.

La nouvelle Mini tranche beaucoup avec l’ancienne mais le fait est là, la mayonnaise à pris, c’est un succès mondial et la marque a même décliné tout une gamme qui reste connectée à l’esprit de l’illustre ancêtre. Cette passion pour les produits vintage ou collector, qu’ils soit revus ou modernisés, n’est pas nouvelle mais le jeu est très risqué. Peu de marque sont en capacité de réussir, la tentation de « normaliser » le produit ou d’injecter un peu de « pragmastisme » étant grande.

La marque américaine Glastron vient de présenter le Glastron GT 160 Collector ici en photo. Un tout petit bateau, très exclusif, très beau, très séduisant. Un réplique d’un ancien modèle datant de 1968. L’avenir nous dira si c’est un succès, il est probable que ce le soit même si on n’a peu de chance d’en voir beaucoup en France. Le marché du nautisme français est très spécifique. La place médiatique de la voile est prépondérante mais ne vous y trompez pas, sur le plan des chiffres, c’est bien le bateau à moteur qui représente l’essentiel du marché avec plus du 2/3 de l’activité. Les petits bateaux à moteur ayant la préférence des français pour des raisons de prix d’achat moyen.

Le positionnement du Glastron GT 160, petit runabout sportif devrait le cantonner au plan d’eau intérieur et à la Méditerranée. C’est aussi une question d’image, même si les choses sont en train d’évoluer. En France, le bateau à moteur a quelque chose de coupable aux yeux des « voileux » qui se voient comme les gardiens du temple, les tenants d’un état d’esprit ou le bateau à moteur n’aurait pas sa place. A leur décharge, les utilisateurs de bateaux à moteur ne sont pas tous respectueux ou très concernés par le mer au sens philosophique du terme, mais il existe aussi des voileux qui n’ont rien compris…

Le Glastron GT 160 est magnifique. Il consacre aussi une démarche basée sur le style, sur un produit qui répond à un désir, qui comble une passion. A un moment où la mort de Steve Jobs a souligné combien le succès d’Apple était lié à une démarche produit complètement différente, on peut s’interroger. Pourquoi tant de marques s’ingénient-elles à faire de la daube et pourquoi ceux qui prennent des risques recueillent-ils souvent des commentaires frileux ?

Modérément motorisé, Le Glastron consommera peu et ne mettra pas en péril les grands équilibres écologiques. Il est orange ou noir, un peu voyant mais la vie étant courte, on est pas là pour se cacher. Le Glastron GT 160 tranche habilement avec les bidets flottants qui remplisse le plupart des ports français. Le mensuel MoteurBoat l’a essayé et fait péter la couverture avec.

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19 Responses to Quand le bateau à moteur s’inspire de l’automobile…

  1. Dam dit :

    Très juste analyse, et 2 bonnes questions auxquelles je vais essayer de répondre.

    « Pourquoi tant de marques s’ingénient-elles à faire de la daube » :
    parce qu’il faut beaucoup de courage et de vision pour persister dans son idée et ne pas la dénaturer.
    Parce que les nombreux échelons hiérarchiques des grosses boites édulcorent peu à peu les projets au fil des validations et des contraintes.
    Parce que ce que le design, marketing et ingénierie discutent très mal ensemble.
    Parce que pourquoi changer alors que ça marche déjà bien comme ça
    Parce qu’à force de vouloir plaire à tout le monde, on ne plait véritablement à personne.

    « et pourquoi ceux qui prennent des risques recueillent-ils souvent des commentaires frileux ? »
    Les salons professionnels sont remplis de nouveaux produits incroyablement séduisants. Encore faut-il savoir émerger, donner le bon message aux bonnes personnes pour que la mayonnaise prenne. Parce que le risque et le bon produit ne suffit pas, il faut répondre à des besoins le plus souvent non exprimés.
    Un des besoins qui ressort le plus de nos jours, c’est le besoin de sens, de valeurs, d’identité. Le monde va très vite aujourd’hui. A tort ou à raison, acheter une Fiat 500, c’est une des façons de le ralentir et de signifier qui on est.

    Mais tout bêtement, prendre des risques c’est accepter de se planter souvent. Steeve Jobs s’est planté pas mal de fois. C’est ceux qui persévèrent et apportent du sens qui font la différence.

  2. Thierry dit :

    Merci de ce commentaire avisé, plutôt très avisé même, qui traduit peut-être une vision professionnel du problème. Je me trompe ?. J’ajouterai que le client demande majoritairement un produit pragmatique, y compris dans le nautisme, un produit qui répond à un voire des besoins plutôt qu’à un désir. Un exemple. Les plaisanciers veulent une cabine, même sur des très petits bateaux, alors même qu’en dessous d’une certaine taille, la dite cabine n(‘est qu’un trou à rat et deviendra un cafouch’ humide de surcroit. Pour ce qui est des produits séduisants, il y en a certes et qui peuvent nous échapper mais l’expérience montre qu’un très beau produit émerge de toute façon. Mais émerger médiatiquement n’est pas forcément réussir commercialement, je le concède. Pour le besoin de sens, je comprends. J’ai toujours ressenti ça mais je ne suis pas forcément d’accord avec ce que ça traduit. Ralentir je ne crois pas. Avoir quelque chose en rapport avec ce que l’on ressent, ce que l’on est, sans doute. Se passionner pour un produit plus intelligent, plus créatif, sans doute. La recherche du « beau » aussi.

  3. clovis dit :

    Hello, mon premier post sur le nouveau site je crois (bien que je continue a lire tous les jours).

    Je trouve la comparaison automobile tres pertinente. A mes yeux ce qui a plante Renault depuis dix ans c’est en effet la nullite du style defini par P. Le Quement (parait qu’il sevit desormais en voile, chez Allure…). Dans le meme temps le groupe Fiat etait sauve par la 500, mais aussi par les Alfa Mito, Giulietta… des vrais designs forts.
    Meme le style Citroen actuel, s’il me semble plus proche de l’esprit Renault que de la tradition DS/CX, a le merite de trancher, de creer chez certains une adhesion qui emporte la decision d’achat. Alors qu’un style mou qui ne deplait a personne ne plait non plus a personne.
    Aujourd’hui plus personne n’achete une television moche ou un ordinateur gris. L’industrie nautique vit encore sur les gouts (ou leur absence) de la generation qui a entre 60 et 75 ans aujourd’hui (si l’on exclut les jets, ce sont eux les acheteurs, comme le montrait bien recemment Bateaux), mais elle va devoir se remettre violemment en question si elle ne veut pas etre balayee par le changement de generation d’acheteurs, qui n’ont pas grandi dans la fascination du bidet en polyester.

    Ce qui m’amene au sujet du vintage: je trouve le Glastron adorable, mais le message serait encore beaucoup plus fort s’il venait d’une marque avec une vraie legitimite, comme chris craft, qui pourrait le vendre comme « achetez un pan de la legende »… ce qui a le merite de reconcilier l’amateur de differentiation (souvent jeune) et celui qui a forge ses gouts en revant a l’originale (donc souvent plus vieux), et donc d’elargir la cible clients.

    Mais pour faire l’iphone du bateau il ne suffit pas d’un joli emballage, il faut aussi creer de nouveaux usages, ou faciliter l’acces a qqch jusque la reservé a une minorite (si qqun a une idee, on peut y reflechir ensemble! :-D)

    C.

  4. thierry dit :

    Salut Clovis. Heureux de te « revoir » dans les commentaires. Merci du compliment mais il y a en effet beaucoup de points communs entre l’auto et les bateaux à moteur surtout en ce qui concerne ce que l’on appelle les canots (je suis un fan de Chris Craft et autre Hacker Craft), les petits ruabouts et la voiture surtout aux USA, à fortiori dans les années 50/60. Pour preuve la série de Chris Craft avec les « ailes » à l’arrière comme sur les voitures américaines de l’époque. Je suis assez d’accord avec toi, Renault a perdu des points en design quand Citroen en a gagné même si je n’aime toujours pas le style de la marque. Pour ce qui est des italiens, ça a toujours fait partie de leur ADN… Pour l’industrie nautique, elle s’adresse effectivement à une génération datée mais c’est en train de changer. Partiellement cependant, les acheteurs étant rarement des jeunes. Il n’y a pas d’offre ou presque pour les jeunes en bateaux parce que les services marketing doivent considérer à raison que les jeunes français n’ont pas de ronds donc ne sont pas une cible. Dommage mais vrai. Glastron a malgré tout une légitimité à faire cet objet. Un Chris Crat aurait été plus cher. Pour ce qui est de l’usage, il est tout trouvé. Du wake, une petite sortie entre pote d’un heure ou de deux. Un peu de pilotage, un peu de balade. Ce qui implique un accès à la mer facile. Mais en France effectivement les ports sont remplies de grosses estrasses qui ne bougent jamais dans l’année. Un autre problème. Un bateau sur trois est à couler… pour renouveller le marché.

  5. Thierry dit :

    Tiens, j’y pensais ce matin, la réussite du Nissan Juke, dont le look est tout de même surprenant, est la preuve que la prise de risque peut être couronnée de succès. Reste que le land Rover Evoque a des lignes beaucoup plus réussie à mon goût mais ca c’est une autre histoire…

  6. clovis dit :

    Salut Thierry, je pense que tu as raison sur les services mktg, mais qu’ils prennent le pb a l’envers. Pour moi si les jeunes n’achetent pas de bateaux c’est pr deux raisons:
    1. on n’offre rien aux jeunes (j’ai 33 ans)
    2. ils ont moins de temps que les retraites

    Sur le 1, on revient au pb du design etc.
    Sur le 2, il y a le pb de la place au port, mais aussi (j’y reviens) celui de l’usage; une sortie de 2h pour aller faire du wake, c’est une heure de trajet, un passage a la pompe (temps et argent), le rincage, sans parler des temps pour se changer et tout. Bref l’apresm y est passee. Un jeune pere peut faire cela une fois pas mois, pas tous les weekends.
    Et encore, je parle la du gars qui habite au bord de la mediterranee. J’habite a paris, donc je fais du j80 au havre (c’est le plus proche, deux heures de trajet; progresser en regate suffit a me satisfaire), mais l’idee d’y aller pour me balader sur un bateau a moteur ne me fait absolument pas triper…

    B.
    Comment resoudre le pb? je ne sais pas trop.

  7. Thierry dit :

    Il y a peu d’offre correspondant vraiment, il y en a tout de même. Globalement, les petits bateaux américains style Glastron justement Bayliner ou les Super Sport de chez Boston Whaler mais c’est vrai ça reste un budget. En fait, c’est du dynaisme vers les eunes dont le marché manque. La place au port, il y a plusieurs façons de voir les choses. Le moins cher est de ne pas en avoir et de mettre le bateau à l’eau à chaque fois, après tout ce n’est pas la mer à boire mais souvent, c’est garer la caisse et la remorque qui devient problématique. Ensuite, certains ports confondent l’exercice avec tondre un mouton et tu dois payer pour la mise à l’eau. Je pense que c’est moins compliqué dans les lacs. Après, le sujet que tu abordes (transport, logistique, etc…) est valable pour de nombreuses activités. Aller au ski avec deux enfants en bas âge par exemple est une vrai épopée sur le plan de l’organisation, c’est compliqué et tu banques pour tout. Mais ca n’arrête pas les gens donc… Quand à se balader au Havre oui sans doute… par contre longer les falaises d’Etretat ca doit être bon. Mais je te le concède, mouiller à la plage d’argent à Porquerolles en été, boire un rosé après s’être baigné, c’est indicible….

  8. clovis dit :

    Ah la plage d’argent… j’y etais il y a un mois, que c’est beau le sud…
    L’ocean et la manche aussi c’est magnifique, mais moins « detente »!

  9. thierry dit :

    Je suis un fan de la Bretagne… j’(aime cette force qui s’en dégage les jours « mauvais » que je trouve par ailleurs si « bons »

  10. Dam dit :

    effectivement c’est du vécu, tous les jours au boulot !
    Quand tu évoques le coté pragmatique des clients, c’est bien sur une réalité. Il y a certains besoins auxquels il faut savoir répondre. Mais tu le dis toi même, le client veut une cabine mais ne s’en servira en fait que très peu, et à 95% du temps comme d’un coffre fourre tout. Le client (nous tous) :
    1. se contredit sans arrêt, il se ment à lui même.
    2. ne sait pas exprimer ses attentes (c’est pas son boulot)

    La force d’un bon designer/marketeur est de savoir décrypter les vraies attentes, les vrais usages, au delà d’un discours, par de l’observation notamment, comme un sociologue. De la il en déduit un produit intrinsèquement utile et fonctionnel, dont la forme sera différente. Et s’il est désirable (« beau »), c’est pas plus mal bien sur. Il y a une citation de Ford sur son modèle « T » qui dit résume bien le problème : « si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, il m’auraient répondu un cheval plus rapide »
    Et bah voila : les services marketing des fabricants de bidets flottants (j’adore l’image) entendent trop leur clients mais ne les écoutent pas. Je ne suis pas d’accord avec le fait qu’une population plus âgée est plus réfractaire à la nouveauté que les jeunes. L’ipad est beaucoup acheté par nos ainés, pour la simple et bonne raison qu’il leur simplifie magnifiquement l’accès à l’informatique. Segmenter sa clientèle avec les critères de l’âge et du budget est dépassé, c’est une vraie peau de banane.

    J’accuserai plutôt les dits services qui sont dans un conservatisme et un immobilisme navrant qui dépasse de loin celui de leurs clients. C’est le produit d’un marketing dépassé, qui marche encore à peu près certes, mais qui à court terme est à la merci d’un concurrent plus ambitieux.
    Vous citez un problème, la place dans les ports et l’accès au nautisme. Le marketing intelligent, celui qui réussit aujourd’hui, est celui qui a compris que produit et service sont liés pour résoudre une problématique client concrète. Vélib par exemple. Pourquoi ne pas développer une offre simple qui permette à ces jeunes de louer facilement un bateau, ou s’abonner, ou le co-posséder, avec un service de stockage et d’entretien à terre par exemple. Je connais mal le problème, donc je vais pas plus loin, mais ce que je veux montrer est que l’on trouve souvent des solutions innovantes en se basant sur les choses que l’on observe, pas sur ce que les clients disent.

    Pour rebondir sur Le Quément, je sursaute quand je lis que son design est « nul » ! quels sont les critères objectifs pour en juger ? Je comprends l’idée derrière : le produit n’a pas rencontré son public, le dessin est iconoclaste, choquant. Sans doute Le Quément est allé trop loin sur ce coup là. Mais je me répète, qui tente rien n’a rien. Et il se trouve ce type là est le même qui à lancé Twingo avec le succès que l’on sait. A propos de Twingo d’ailleurs, la voiture était à la base sensée séduire les jeunes et les étudiants, et elle a fonctionné finalement majoritairement auprès des adultes. CQFD.

    Pour Citroen, plusieurs remarques :
    - un effort de qualité, de montée en gamme technologique et de finitions incontestable. Les bases du renouveau.
    - beaucoup d’intelligence et d’opportunisme avec un style qui reprend astucieusement les standards Audi, BMW et Volkswagen. Une série DS (3 et 4) qui pompe avec brio les recettes du néo rétro (même s’ils s’en défendent) : mini, fiat, etc…
    - mais du coup, un style hybride, qui n’a pas d’âme, d’ADN. Quand on copie, on n’est plus soi même. Le style actuel manque cruellement de continuité, comme Renault d’ailleurs. Il est urgent de travailler dans la continuité.

    D’accord avec ta remarque sur la nouvelle Evoque, elle a vraiment de la gueule !

  11. thierry dit :

    Salut Dam, je reviendrai en détail sur tout ça tellement ton intervention est intéressante, je voulais juste souligner en passant combien tenir un blog est intéressant quand il donne lui ensuite à de tels échanges. Un blog est pour te paraphraser un produit intrinsèquement utile et fonctionnel, un petit objet qui devrait inciter la presse traditionnelle à se bouger tant elle est parfois déconnecté des lecteurs qui dans un certain sens sont des « clients » qu’il faut satisfaire mais surtout surprendre.

  12. thierry dit :

    J’en profite pour partager un lien pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur Le Clément : http://www.caradisiac.com/Patrick-le-Quement-il-a-invente-le-design-instinctif-49927.htm

  13. Dam dit :

    on attire pas les mouches avec du vinaigre !!

  14. clovis dit :

    Bonjour Dam, je suis totalement d’accord avec ce que tu dis sur le marketing qui doit « inventer » les besoins caches des clients, comme Apple a si bien su le faire.
    Pour Le Quement, desole je ne voulais pas lancer une polemique. Je constate juste que la voiture que tu cites (la twingo) a ete dessinee par Ploue qui est ensuite parti chez Citroen car LQ tirait trop la couverture a lui. Aujourd’hui Ploue chapeaute tt le design de PSA et LQ a ete invite a quitter Renault. Si j’ai l’air de lui en vouloir c’est juste le depit d’un ancien amateur de Renault (j’ai tellement reve des F1 williams renault dans mon adolescence), qui a vu les voitures laides et sans identite (a mon humble gout) s’accumuler au point d’acheter desormais des voitures allemandes.
    @ Thierry: oui c’est pr ce genre de dialogues que ton blog est top!

  15. Dam dit :

    Salut Clovis

    Pas de souci et aucune polémique, d’ailleurs je partage ton gout sur le style de Le Quément. ;-)

    J’essaie simplement d’aller au delà de mes opinions personnelles pour me demander ce que son design a apporté à la bagnole en général et Renault en particulier. LQ avait sans doute fait son temps, mais force est de constater qu’il a amené de beaux succès, de l’innovation, et quelques concepts intéressants.
    Starck a fait pas mal de de gros navets, certains n’ont pas (du tout) rencontré leur public, mais on l’a oublié et il est surtout reconnu pour ses succès. Sa moto Aprilia est un peu le pendant de la Vel Satis : un fan club restreint mais actif, et une majorité de clients choqués à vie !!! Leur deux approches respectives étaient pourtant singulières et intéressantes.

    J’ignorais que c’était Ploué qui avait dessiné la Twingo. A part le fait de confirmer le talent de Ploué, pour moi ça change pas grand chose, dans la mesure ou j’envisage le design dans sa globalité, comme un travail d’équipe, dans une dimension manageriale et stratégique. Si le patron du design ne soutient pas certains projets auxquels il croit à la DG, au marketing et aux ingénieurs, les dessin à beau être bon, il ne sera jamais industrialisé en l’état. Il lui faut être « vendu » aux décideurs, ça fait partit de la démarche (c’est même le point critique).
    Son rôle est de savoir repérer et pousser les bons projets de ses équipes, et pas forcément de dessiner lui-même.

  16. clovis dit :

    On est d’accord :-)

  17. Guy Capra dit :

    Merci messieurs, pour ce moment exceptionnel passé à vous lire :-D

    Une question : auriez-vous quelques liens bibliographiques ou filmographiques traitant du design et de l’élaboration de produits (prototypage et industrialisation) ?

    Je croise les doigts (oui, les clients sont aussi superstitieux ;-) en me régalant pas avance de vos prochaines réponses O:-)

  18. thierry dit :

    Je vais essayer de revenir dans la discussion mais je suis « un peu » occupé en ce moment. Effectivement l’Aprilia était spéciale, on peut apprécier la démarche et pas le produit. Il serait d’ailleurs intéressant à ce sujet de savoir qui est derrière le renouveau de KTM en termes de produits et qui est derrière le design de la 690 Duke. J’en profite pour faire une aparté conception produit. KTM encore eux vient de sortir une moto de « freeride », si, si c’est incroyable, que Steve Mac Queeen n’aurait pas renier. Un peu dans l’esprit des vieilles BSA avec des gueules de moto de route et des pneus de TT. Je viens d’en voir une dans une pub de mode. Dingue. La volonté du design s’implante dans le bateau mais ca se limite souvent, pour l’instant à du design intérieur. Les chantiers ont découvert la clarté après avoir construit pendant 30 ans des sous sols de chalet suisses… Ce que tu dis de la démarche globale conduisant au design est très intéressant. Je crois que j’aurais aimé bosser dans ce secteur (après tout j’ai fait bureau d’études..) même si j’imagine les tensions que ca génère tant il faut synthétiser plusieurs point de vue. L’analyse produit me passionne en tout cas.

  19. Dam dit :

    Bonjour Guy

    J’espère que tu as du temps libre devant toi ! Jai pas spécialement de choses sur le prototypage et l’industrialisation , mais mes ouvrages reference dans l’ordre du plus large au plus appliqué dans le domaine :
    1. L’homme aux deux cerveaux de Dan Pink
    Intellingent, facile à lire, visionnaire, drôle… Une perle. Il explique pourquoi le design sera omniprésent demain.

    2. Le design thinking, de Tim Brown 
    Plus précis, puissant, et passionnant. Toute la démarche intellectuelle du design de résolution de problèmes appliquée aux produits, services, informations, espaces. 

    3. Le laid se vend mal de Raymond Loewy
    L’inventeur du métier de designer tel qu’on le connaît aujourd’hui. 

    4. Design et croissance de Nicolas Minvielle
    Le design management  opérationnel et appliqué au business.

    Des ouvrages référence aussi :
    Le design management de Brigitte Borja de Mozota (plus ardu, très orienté stratégie)
    Les 7 secrets de l’innovation de steve jobs, Carmine Gallo

    Internet :
    Le site http://www.admirabledesign.com est la référence absolue dans le domaine, car il embrasse la totalité des pratiques et très pro mais pas prise de tête.

    Les interviews de jonathan Ive sur le site d’Apple (sur le procédé de fabrication du mac book pro par exemple)

    Les conférences sur http://Www.Ted.com : c’est une mine inépuisable, avec un petit plus pour celles de starck, tim Brown et seth godin.

    Les site de l’apci et ses témoignages de lauréats de prix de l’observeur du design
    http://www.apci.asso.fr/

    Thierry, ça m’étonne pas que le métier t’attire, en réalité il est je pense extrêmement proche de celui du photographe : c’est la même démarche de vouloir passer une émotion, une pensée, un message, du sens, quelque chose d’abstrait ; vers un support concret, palpable.
    Design = dessein + dessin. J’imagine que c’est pareil pour les photographes, sauf qu’ils ne dessinent pas avec les mêmes outils !
     
    À part ce point central, même recherche d’esthétique, curiosité, observation, recherche de qualité, patience, nécessité d’étonner et de se renouveler, ce subtil mélange d’instinct et de rationnel, d’émotion et de structure. L’humanisme aussi je pense, d’une certaine manière.