Macquarie Innovation est un  bateau qui me fascine. Il en était de même pour son prédécesseur Yellow Pages. Ce tripode au look futuriste fait passer la voile dans une autre dimension, c’est pourquoi j’en ai souvent parlé ici-même ainsi que dans la presse magazine lors de divers sujet axés sur la quête du run parfait sur 500 mètres. Je regrette simplement d’être basé si loin de l’Australie, j’aurais suivi cette aventure pas à pas croyez moi. Ce qui distingue MI du reste de la joyeuse troupe des gaillards qui s’échinent à aller vite sur le demi-kilomètre, est la plage de vent dans lequel l’équipe cherche à être performante et la manière dont elle pratique la vitesse. Low Wind Speed Sailing Performance, tel est leur créneau. Au lieu de  se battre contre les éléments, vent ahurissant et plan d’eau forcément rétif, les australiens s’emparent de ce qui n’est pour les autres qu’un petit courant d’air juste bon à sécher les voiles pour en tirer la quintessence. Sur le créneau ils sont seuls et à mes yeux c’est sans doute la quête la plus passionnante car l’aspect technique y est poussé au maximum. En effet, le bateau est capable de multiplier par deux voire même par presque trois la vitesse du vent, il y a donc quelque chose de magique là-dedans, même si en théorie, mécaniquement parlant, ça s’explique assez facilement. Dans les faits, on sait que c’est plus dur à réaliser. L’équipe australienne vient de faire une demande de ratification pour un run à 48,57 nds, réalisé par 17 noeuds de vent. A priori, si ratification il y a on parle de 48,15. 48,15 dans 17 noeuds de vent, le bonheur absolu. Après des années de galère, les australiens  reviennent dans la course et de quelle manière.Et MI n’est même pas un foiler…

Les 50 noeuds à la voile, conquis par Sebastien Cattelan, puis par Alex Caizergues sont toujours à prendre pour les voileux. On sait maintenant que MI, SailRocket et L’Hydroptère sont dans un mouchoir de poche. Qui sera le premier ? Faites vos jeux… Après des années de coma, la vitesse à la voile nous fournit matière à émerveillement tous les mois depuis plus d’un an et ce n’est pas fini. Qui va s’en plaindre ?

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2 Responses to Low Wind Speed Sailing Performance

  1. Christian dit :

    Bonjour Thierry,
    C’est effectivement un projet très intéressant par la démarche. Pour aller vite par vent faible, il faut augmenter la surface de voile et donc le poids de la structure pour la porter. Mais plus le poids augmente, plus le volume immergé augmente (Archimède) et donc les frottements et la résistance à l’avancement … il s’agit donc de trouver la racine d’une équation à plusieurs degrés pour obtenir la vitesse limite qui puisse être atteinte … car limite il y a certainement ! A vos ordinateurs
    Quoi qu’il en soit, je te souhaite une très bonne année pleine de belles photos et de jolis projets.
    Christian

  2. thierry dit :

    Architecture

    Ils ont eu plusieurs problèmes en fait. Le slamming au niveau des patins. Les chocs répétés à haute vitesse contre le micro-clapot délaminaient les patins. Ensuite, pas assez ou trop de vent. Le bateau a été profondément modifié. Plus large qu’avant. Leur problème numéro un est d’être dans la plage de vent pour laquelle le bateau est calculé. Il doit être efficace en 15 et maxi 25 noeuds je pense. Une année, l’aile s’était déchiquetée. C’est un projet très abouti. Très aéronautique finalement