Si tout le monde a bien retenu le nom d’Alex Caizergues, recordman du monde de vitesse à la voile en kitesurf avec une vitesse de 50,57 noeuds et ex-recordman du monde tout court avant que l’Hydroptère vienne graver sur les tablettes du WSSRC un nouveau et fabuleux chiffre, clôturant ainsi une des périodes les plus folles que la vitesse à la voile avait jamais connue (et que Tendance Bleue aura suivi dès juin 2007…), il est bon de se rappeler que Sebastien Cattelan a été le premier humain a passé officiellement la barre mythique des 50 noeuds. Aujourd’hui alors que tous les plus rapides kiteboarders de la planète sont en Namibie pour tordre le coup à l’Hydroptère, j’ai interviewé Seb pour le site Flysurf.com (entre 3 et 4 millions de pages vues par mois pour une fourchette de visiteurs uniques avoisinant les 80 000, donc gros traffic). Il est aussi l’organisateur du Lüderitz Speed Challenge

Depuis début Novembre, tout ce que la planète kite compte de roule ta bille du run sont à Luderitz, bled paumé au fin fond de la Namibie. Coincés entre le désert et un vent un rien inhumain, ils ne sont là que pour poursuivre l’un des plus vieux rêves de l’humanité, celui d’aller toujours plus vite. Dans très peu d’eau mais beaucoup de vent, ils font inexorablement monter mes enchères chaque année. A ce petit jeu, il ont invité la plus simple embarcation du monde à la table séculaire des gardiens de l’esprit du yachting. Même les lord anglais et autres cerbères du WSSRC ont plié et fait chapeau bas. Sébastien Cattelan est à l’origine de cet événement pas comme les autres, Le Luderitz Speed Challenge, monté à l’arrache et à l’énergie mais dont la résonance est pourtant planétaire. Découvreur du spot, premier homme à avoir franchi les 50 noeuds malgré une casquette d’organisateur qui en aurait freiné plus d’un, il récidive cette année dans le double costard. Chef d’orchestre et soliste. Les autres peuvent lui en être reconnaissant, le taulier offre gîte, couverts, challenge sportif et apparemment « entertainment » sur un plateau. Une interview de Sebastien Cattelan n’est jamais un moment anodin puisqu’il manie le mot et le trait d’esprit comme une arme de précision. Vous noterez pourtant que Mr Cattelan prend ici le pas sur Catman. Cet interview laisse en effet apparaitre l’épaisseur d’un personnage qui prend son rôle au sérieux. Ce qu’il dit aussi à propos de l’ambiance là-bas vaut son pesant d’or. A l’heure où les enjeux et les égos pourraient déliter l’ambiance, Seb nous parle d’un groupe soudé sous le sceau d’une même aventure. A la question de la com sur les V-max qui avait tout de même provoqué quelques ruades chez les pur-sangs parqués du coté de Luderitz, le Seb s’en sort plutôt bien. Le Luderitz Speed Challenge se déroule tout le mois de novembre et c’est qu’on leur veuille ou non, l’un des événement phare du kitesurf au niveau planétaire. A l’orée de 2010, l’univers du kitesurf n’a jamais été aussi passionnant. On peut regarder du coté de Luderitz, admirer les films comme Addikt 2 de F.One et le dernier opus de Ben Wilson, se régaler des performances en freestyle ou des tendance strapless, on peut se raisonnablement se réjouir du développement de la longue distance et du snowkite et se dire que le kitesurf est un sport qui commence vraiment à mûrir. On laisse la parole à Seb. C’est sur Flysurf.com et nul part ailleurs.

Tendance Bleue : Coureur et organisateur. Double casquettes et deux fois plus de taff. Pas trop difficile à tenir comme challenge ?

On est jamais mieux servi que par soi-même, c’est trop de boulot mais que du bonheur. Ca me rempli le cœur de voir des riders de tout horizon et de tout poil dévaler le run à corps perdu .

Tendance Bleue : tu avais un partenaire sur l’organisation l’année dernière ? Qui t’aide cette année
?

Plusieurs personnes participent à l’organisation sur un événement de cette envergure.  J’avais un associé officiel depuis le début mais qui s’est révélé finalement être vraiment bidon. La première impression est toujours la bonne, avec un physique pareil il aurait au moins pu être bon comptable, même pas ! Maintenant je n’aurai plus de mauvaise surprise et pourrai dormir en paix. Je lui ai donné sa chance et il m’a trahi. A présent je suis épaulé par Sophie Routaboul qui dirige la société so eVENT . Une organisatrice de talent et de charme qui est efficace quelque soit le problème.

Tendance Bleue : Luderitz commence par un gros coup de baston et tu communiques sur les V-Max. Impressionnant forcément (bravo pour ton chiffre..) mais jeux dangereux tu ne l’ignores pas. Alors pourquoi ?

C’était pas voulu, je le jure. J’ai toujours communiqué sur le GPS car cela nous donne le potentiel réalisable. Pour ce qui est de la prise de risque, le jour ou je m’arrêterais d en prendre, c est que je serai mort. L’important est d’aller au bout des choses.

Tendance Bleue : le Luderitz Speed Challenge est un événement planétaire sur les plan des retombées et des résultats et pas de gros sponsor officiel. Pourquoi ?

C’est la crise même au pays des diamants. L’an dernier, j’ai annoncé que l’on allait enfin passer la barre des 50, on l’a fait. Luderitz est une valeur sûre. C’est une épreuve historique avec une communication généraliste. Malgré avoir fait beaucoup dans ce sens, tout le monde reste sur la réserve. Apparemment,  mêler son image à une aventure positive au bout du désert serait trop de risque. Si un lecteur est intéressé… à votre bon cœur !

Tendance Bleue : chaque année, il se passe quelque chose de fort. La pression devient plus forte j’imagine. Est-ce que l’ambiance a changé en deux ans ?

Elle s’est améliorée. Tels des camping-caristes qui se retrouvent tous les ans autour d’un Ricard, à un détail près : cette sensation de graver son nom dans l histoire de ses rêves. Cela nous lie en une confrérie. Ce but unique nous canalise et résout tous les problèmes de la vie. Le fait d’aller tous dans la même direction nous permet d’éviter les conflits. J’ai loué une maison pour  vingt personnes, genre « loft story », avec barbecue no futur et organise d’autres  activités anti-pétoles genre trip cata au milieu des baleines, dauphins et autres gros phoques. Ce matin petit déj’ à la ville fantôme : ancienne mine de diamants. D’autres réjouissances restent à venir : safaris, quad dans le désert namibien, shark fishing entre coupé de maxi sessions freestyle et vague .


Tendance Bleue : est-ce que la pression sur le run ne devient pas plus difficile à gérer ?

Côté stress, j’ai connu pire, genre a Fuerté avec un banc d’espagnoles affamées qui t’attendent en raclant la poussière d’un coup de talon. C’est là que tu chopes ton herpes , hein Alex ??

Tendance Bleue : on ne t’imaginais pas forcément aux commandes d’un événement. Pourquoi as-tu  plongé dans ce job difficile ?

Il fallait que ce soit un rider qui prenne les commandes . Je me suis retrouvé a faire ça a temps plein toute l’année. C’est un nouveau challenge pour moi. Je  rassemble toute mon expérience et mon énergie, le Catman faisant place au Sébastien Cattelan.
C’est la suite logique après avoir couru pendant une bonne quinzaine d’années. C’est un concept qui offre la chance de s exprimer : 2 caméras , 1 résultat , 3 possibilités…

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5 Responses to Interview Sebastien Cattelan, Monsieur 50 noeuds

  1. Guy Capra dit :

    Bravo l’artiste !

    Et en plus il est sympa : planquez vos femmes !

  2. Fred dit :

    Alors Thierry, t’es tout chaud, crayons affûtés et ongles coupés pour taper sur le clavier et annoncer la grosse perf…

  3. thierry dit :

    Pas tout chaud

    Et non Fred, j’étais plutôt tiède au fond de mon lit avec un mal de tête carabiné. Heureusement que t’étais là…

  4. Fred dit :

    Du vent

    là… devant mon ordi…, hi, hi ,hi.

    Bonne année à tous.

    J’étais surpris des conditions moyennes sur le mois pour établir un record absolu.
    Dans d’anciens articles, il était dit que les conditions les meilleures sont envisageables d’août à mars.
    Alors où était l’étude statistique le montrant ? Je me posais la question tellement le peu de tentatives lors de l’édition 2009 !
    Mais novembre 2009 est un cas atypique et exceptionnel, semble-t-il, selon les organisateurs depuis 23 ans.