Je dois avouer que j’ai mis du temps – comme beaucoup – à abandonner la diapositive et en particulier la fameuse Fuji Velvia. On n’efface pas plus de dix ans de connivence comme ça. Quand j’ai eu mon premier Canon 10D et que j’ai vu mes premières images prises avec les pré-réglages d’origine et visionnées sur un écran pas calibré, j’ai cru que la couleur était en option. Aujourd’hui – comme beaucoup – je ne ferai pas le chemin en arrière et je regarde mon EOS1V sans nostalgie sinon pour son prix.

La technologie numérique et son rendu plus froid et plus plat – au moins au début m’a dérangé notamment parce que le Velvia donnait de très bons résultat pour le ciel ou le rendu de l’eau. Mais les boitiers d’aujourd’hui font mieux. Cerise sur le gâteau, le RAW permet d’ajuster parfaitement une exposition ou une balance des blancs, on aurait même pas osé en rêver. Enfin, ce n’est pas à négliger, nos yeux se sont habitués à ces nouveaux équlibres de couleurs.

Dernièrement, je suis allé faire une petite session photo à la Sainte Victoire tout prêt de chez moi. J’ai beaucoup de diapos de la Sainte et il se trouve que depuis deux saisons, je n’avais pas vraiment pris le temps d’y retourner faire des images en pouvant profiter de bonnes conditions météo. Outre certaines photos prises un peu plus tôt dans l’après-midi et que j’ai montré ici, il a celle qui ouvre ce post. Le soleil décline et je suis dans la partie ouest de la Sainte. Jusqu’à présent, c’est avec genre de lumière que ce soit sur terre ou en mer que je trouvais que le numérique ne me donnait pas entière satisfaction.

Dans ce cas présent, j’ai travaillé avec mon vieux et fidèle EOS 20D. Sa cellule est un peu frivole mais je bosse généralement en manuel. Là, je cherche une image dense pour respecter ce que je vois. Des textures et surtout des couleurs. Le fchier est un RAW que je développe avec DPP, le soft de Canon. Quitte à passer pour un fou, ce soft est fourni avec l’appareil et le budget à claquer en boitier/objectif/ordinateur/disque dur et soft en tout genre me fait frémir…

DPP dernière version donc. J’ajuste l’exposition mais finalement très peu (0,2 diaph), je teste le style d’image Canon « Paysage » censé donné quelque chose de comparable à la Velvia mais qui me met les zones ocres de l’image en rouge baveux et me donne un ciel qui ne me convient pas. Je reste sur mes réglages d’origine, joue sur les réglages teintes et saturations et obtiens le rendu que je souhaite. J’exporte en JPEG, applique mes réglages d’accentuations sous Photoshop. J’ai ce que je veux. Un rendu saturé sans doute un poil plus saturé que la réalité mais pas racoleur. La Velvia aurait-elle fait mieux ? La question ne se pose même plus. Ce qui est vraiment con, sur cet exemple précis est qu’en exportant la vignette, forcément et fortement compressée par la soft du blog, je ne retrouve pas exactement mon taff. Après l’ironie du sort, serait-ce l’ironie du RAW ?

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