Comme d’habitude, les lecteurs habituels de ce blog le savent, une petite parenthèse « photo de Provence » au milieu de toutes ces histoires de mer. Ne voyez aucune fausse prétention dans ce titre mais un constat. En Provence et plus particulièrement dans le pays d’Aix, la communication montre une image assez commune de la Sainte Victoire, celle qui la montre vue de la route du Tholonet, une route qui part d’Aix pour longer la fameuse « montagne » et qui est une merveille. Je veux dire, la route, son environnement, ses lumières et ses reliefs. C’est à dix ou quinze minutes de chez moi en voiture, et pourtant je n’y vais pas aussi souvent que je le souhaiterai. Revenons à la Sainte. La photo « générique » montre donc souvent le premier plan avec une terre très rouge, du relief, de la guarique, un ciel imperturbablement bleu et la Sainte Victoire en arrière plan. Au grand angle, elle a l’air sympa, conviviale et finalement ca cadre très bien avec l’image que la provence souhaite donner. Détail à mon avis qui a également son importance, elle ressemble un peu vu sous cet angle à ce qu’en a peint l’auguste Cézanne.

Mon trip à moi, j’en ai déjà parlé ici, est de montrer la Sainte Victoire comme je la vois, c’est à dire comme une face de pierre assez respectable. Nous sommes d’accord ce n’est pas le K2, ni la tour de Trango ou le Yosemite mais ca reste une belle paroi. D’ailleurs beaucoup de grimpeurs viennent là et du monde entier. J’ai donc tourné autour de la Sainte, d’autant que chaque jour et surtout chaque point de vue, la montre avec une géométrie différente. Je vous expliquerai. J’ai cherché à montrer cette verticalité, ce coté complètement imposant. Plus dure aussi.

C’est « ma » face caché de la Sainte Victoire et c’est en ce sens que je dis qu’en photo, il est bon d’avoir de la technique, mais qu’elle ne doit pas étouffer la démarche. Loin de moi l’idée de vouloir conceptualiser la photo, car c’est un travers qui me fait souvent sourire ailleurs, mais je défends que c’est d’abord une idée qui mène à une photo, une envie qui amène à un cadrage plutôt qu’à un autre. Pas le technique, même si à un moment elle devient incontournable pour passer des caps. Dans cette image, le bas et la gauche de l’image lèchent la roche. Mis à part les trois petits éléments de la végétation qui font « contrepoids » à la face rocheuse, c’est très cadré, très serré. Pas de fioriture, juste la roche. Rien ne vient troubler le regard. Dans ce genre de cas, faites également bien attention à l’endroit où vous faites le point et a avoir la profondeur de champ suffisante. N’oubliez pas non plus l’exposition. Cette photo est très légèrement sous exposée comparée à la mesure que me donnait le boîtier.

Share