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On fait de belles rencontres dans les librairies. C’est dans l’une d’elles que j’ai découvert les photographies de François Kollar. Depuis, je parcours le livre « Les hommes de la mer » consacré à son travail réalisé dans les années 30 avec admiration, respect et une curiosité renouvelée.

C’est une grande fresque en noir & blanc sur un univers que j’aime, quelque chose qui n’est pas sans rappeler la puissance des « tableaux » de Salgado, même si ce que fait Kollar est moins « cinématographique ». Comme le dit le texte consacré à l’auteur lors de la Biennale Internationale de l’image 2012 à Nancy, c’est « L’itinéraire d’un photographe éclectique et inspiré au croisement de la tradition du reportage humaniste (La France travaille) et de l’avant-garde des années trente.

Les photos qui illustrent ce billet sont issues du travail réalisé par Kollar aux chantiers de Saint Nazaire. Vous en verrez d’autres en suivant ce lien

Voici le texte de présentation du livre « Les hommes de la mer ». Ces mots parlent assez bien du bouquin, ce n’est pas toujours le cas…

Ce livre est consacré au travail que le photographe François Kollar mena sur l’activité portuaire et la pêche dans les années 1930. En 1931, l’éditeur Jacques Lagrange lança un grand projet d’enquête sur la France au travail, qu’il confia au jeune photographe. Celui-ci privilégia le monde de l’industrie et de l’usine, au cœur d’une révolution sociale et esthétique, mais se consacra aussi à l’univers de la mer, à ses travailleurs, ses dockers et ses machines. Il sillonna les ports de France et réalisa un tableau vivant, témoignage de l’activité maritime des années 30, alors en pleine mutation. Ces photos, dont seule une petite partie a été sélectionnée et publiée en 1932-1934 dans « La France travaille », témoignent aujourd’hui encore d’un moment clé de l’histoire maritime : ce sont les débuts de l’ère de la mécanisation.

1917020283Ni misérabiliste ni nostalgique, François Kollar, photographe humaniste, a su rendre, sans folklorisme, un instantané précieux des hommes de son temps. Tout autant que les réalités économiques, il saisit les petits détails d’un quotidien disparu. Il photographie les rituels, les visages, les outils et les premiers départs historiques, comme celui du Normandie. Ce magnifique et émouvant reportage est commenté et analysé par trois spécialistes de l’histoire et du patrimoine maritimes, qui rendent compte des changements historiques majeurs et livrent une réflexion sur l’acte photographique. Des témoignages contemporains de dockers et hommes de la mer font un parallèle avec la réalité d’aujourd’hui et donnent une vision complète d’un monde en pleine transformation.

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