Je ne découvre pas le vin, je découvre la vigne. Je veux dire, l’univers de la vigne, de l’intérieur. Les différents stades, les cépages, l’âge des pieds etc… C’est passionnant parce que c’est un univers à part entière, avec ses habitudes, sa tradition, ses codes, c’est passionnant parce que je suis curieux, c’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle je suis journaliste. Ce n’est pas là que je voulais en venir. Quand vous arrivez sur une parcelle, vous ressentez un certain nombre de choses. En premier lieu, il ne faut pas chercher à analyser – dans le sens technique du terme – ce que vous avez à photographier, mais il faudra le faire à un moment où à un autre, en premier lieu, il ne faut pas chercher à savoir ce que vous aller faire avec Lighroom ou Photoshop, il conviendra d’y réfléchir le moment venu, mais il y a un temps pour tout. En premier, il faut juste essayer de mettre dans l’image ce que vous ressentez, vos sensations, vos sentiments. Si le sujet vous parle. La lumière, les lignes, la perpective mais surtout, ce que vous inspire ce champ où s’alignent ces ceps. Que signifie tout ça pour vous, qui sont et que font ceux qui s’en occupent, pourquoi, quelle est la place et l’importance de la terre. Il ne s’agit pas d’intellectualiser pour le plaisir mais juste d’aller chercher l’idée qui sous-tend la photo. Le petit supplément d’âme…

C’est dans ces moments là, quand vous êtes vous face à votre sujet, face à votre matière à vous, avec cette petite boite noire entre les mains avec laquelle vous allez extraire ou choisir une part de la réalité qui est là, que vous ressentez le vrai et immense plaisir d’être photographe. Enfin, c’est comme ça que je vois les choses. La technique, les focales, la mise au point, l’exposition, c’est juste des moyens…

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