Je parlais de caméras RED hier sur Facebook puisque j’avais eu la chance de prendre en main une Epic toute neuve équipée d’un zoom Canon 28-70/2.8. En fait, il y a avait deux Red Epic, la seconde étant montée avec un zoom Canon 70-200/2.8. Nonobstant le fait que j’étais scotché d’avoir dans les mains, les caméras qui font rêver tout le monde, c’était une journée consacrée à l’image qui bouge.

En préparant cette réunion, mais c’est vrai à beaucoup d’autres occasions, j’en ai même fait un billet spécial,  je repensais aux films qui m’ont marqué,  ceux dont on ne ressort pas indemne,  aux films qui ont construit ma culture visuel. Ca remonte à loin et je « nourris » cette banque d’images cachée quelque part dans ma tête avec tout ce que je visionne aujourd’hui, période faste en termes de tournage puisqu’on peut découvrir beaucoup de choses passionnantes en surf, en kite, en MTB ou en films de montagne justement.

Je suis tombé sur cet extrait de « I believe I can fly » il y a une dizaine de jours. Un pote m’avait envoyé le lien. Il y a eu plusieurs extraits mais celui-ci à une identité particulière puisque ce « free segment » est plus long. C’est toute la différence. Cet extrait est beaucoup plus qu’un teaser, il raconte quelque chose, il donne à voir (j’aime bien cette expression, elle est belle et imagée) une bande de potes qui vont au devant de leur passion, au delà du raisonnable et qui l’expliquent. C’est beau, presque onirique, mais ça reste très intimiste, très réservé. Ce n’est pas tourné en RED, ce n’est pas une grosse production mais la n’est pas le propos ni le problème d’ailleurs.

On parlait de narration hier, de scénarisation, on pourrait dire de récit. Un film est plus qu’une simple vidéo quand il ranconte une histoire et vous prend les tripes. C’est le cas de ce film. Un film qui restera dans les annales comme « La vie au bout des doigts » de Jean paul Janssen, qui a fait découvrir au plus grand nombre Un gars nommé Edlinger qui grimpait dans le Verdon avec l’assurance et la dextérité d’un insecte. Parce qu’il est bien tourné, parce que ses rares imperfections ne le déservent pas, parce qu’il nous immerge dans le « trip » que partagent ces garçons qui cherchent leur liberté sans trouver leur limite, parce que la beauté de la montagne et de la nature (les ciels…) vous saute au visage, « I Believe I can fly » est une pure merveille. C’est putain de beau, le film, le récit et le sujet ne font qu’un. Il y a des films beaux dans le forme mais sans fond, des films intéressants sur le fond mais décevant sur le strict plans de l’image, il y a des films (et des photos…) sans sensibilité, celui là a quelque chose d’inouï.

Il n’y a pas de sponsors, il n’y a pas de médias, il y a juste un gars avec une caméra (et un petit système de stabilisation) qui raconte une histoire. Il y a aussi des types qui se mesurent au vide. C’est magique, plein de sens, si loin du non sens du monde, j’adore. Les caméras sont faites pour raconter des histoires. J’aime raconter les histoires…

Je vous conseille de courir sur vimeo découvrir l’univers de Seb Montaz. Vous ne perdrez pas votre temps sur son site non plus

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9 Responses to « I believe I can fly » de Seb Montaz. Un film sur la montagne, la liberté et l’engagement.

  1. [...] superbe, pleine de sens, intimiste, qui raconte vraiment quelque chose et qui vient encore de chez Thierry Seray (souvenez-vous de Brithright de Sean Mullens). Il titre ça : « Un film sur la montage, [...]

  2. Kristen dit :

    Il prend aux tripes ce film. Vraiment impressionnant. J’en ai encore le bide tout contracté.

  3. Thierry dit :

    Oui, vraiment, j’étais tendu aussi quand le mec monte sur sa highline, sans autre atout que sa dextérité et sa propre certitude. Le film est beau parce que le sujet et le regard ne font qu’un. Ce que font ces gars est inouï, ils sont portés par une vraie philosophie de vie et Seb Montaz porte sur eux le regard de quelqu’un qui les comprend mais qui est aussi et à la fois, capable de faire passer le message. D’où l’importance du regard et du récit. Le même « sujet » aurait pu être dégradé voire complètement gâché par quelqu’un qui n’aurait pas compris. Tu mets sur le coup un journaliste TV su service des sports de FR2 et c’est mort…

  4. Dam dit :

    De superbes images qui portent un discours profond, pas convenu, plein de retenue. Bon choix musicaux aussi.

    C’est effectivement très rare !!

  5. Christian dit :

    Mouais, je suis un peu partagé. Pardon d’être pisse froid. Yep, ça prend au tripe, indéniablement (peut-être aussi parce que j’ai le vertige), yep la musique est belle, yep, il y a « un truc ». Mais après, je me pose toujours cette même question : n’est-ce pas un peu trop jouer avec la Vie – ce truc de fou qu’on nous donne et que certains n’ont pas parce qu’il sont malades, invalides, etc. – que de repousser les limites et prendre de si grand risques ? En toute humilité, je n’ai pas la réponse … très certainement parce je ne suis pas construit pour ressentir la même chose qu’eux. La Vie est ainsi faites que nous ne vibrons pas de la même façon. Cela étant : beau film et merci à toi/eux de nous le montrer. Christian

  6. Thierry dit :

    Salut Christian. Aucun souci, avoir ta propre sensibilité sur ce film est ton droit le plus strict et il faudrait qu’on soit vraiment obtus pour imposer la notre et décréter que ce que pensent les autres est nul (mais ça existe notamment en politique). Je crois que la question se pose pour toutes les disciplines où l’homme affronte ses limites. Depuis qu’il y a des montagnes, les hommes s’y mesurent, c’est la même chose pour les océans, les grands espaces. C’est une quête identitaire, philosophique, existentielle certainement. Après mettre sa vie dans la balance à ce point là peut sembler excessif je le concède mais j’ai du respect pour leur démarche. Ce que j’aime dans ce film, c’est ce quête de liberté et d’absolu. Il n’y a pas d’agressivité, pas de compétitions, beaucoup de fraternité. Ces mecs là nous disent le contraire de que la TV nous affirme tous les jours. La vie est belle, elle peut avoir un sens, la vie est une aventure, il faut se saisir de sa liberté pour en faire de l’or. Je ne crois pas que ces gars pensent à leur retraite où à leur petit confort, pas à la gloire non plus. C’est pour ça que je les admire vraiment. Mais encore une fois, tu as le droit de le voir autrement. N’a t-on pas appeler les alpinistes les conquérants de l’inutile. aAffirmation pas si banale que ça d’ailleurs.

  7. Stéphane dit :

    Ca me rappelle l’escalade libre pratiquée par un copain il y a une vingtaine d’année …
    Au niveau de la prise de risque, faire ça en montagne, avec un scooter ou des mélanges de produits divers et variés, le tout dans une société qui utilise le principe de précaution à tout va … ben je préfère la montagne ;-)

    Stéphane

  8. Dam dit :

    Des risques surement, de grands risques j’en suis pas sur. Ces mecs sont super préparés, savent ce qu’ils font. C’est la différence entre le courage et l’inconscience. Ils poussent les limites tellement loin qu’elles paraissent disproportionnées au commun des mortels, mais pour eux, il s’agit simplement d’être ultra concentré et ne pas faire d’erreur. De limiter le risque précisément. Ils ne jouent pas avec leur vie, au contraire, ils la chérissent. Il y a beaucoup de travail et de rigueur derrière.
    Il y a tellement de gens prennent des risques inconsidérés ou d’autres qui gâchent leur vie vraiment que je respecte beaucoup leur projet.
    « Conquérants de l’inutile » : qu’est ce que l’utile ? être riche, avoir une voiture, un travail, une maison, des enfants ? chacun a sa propre réponse, ou la cherche ! j’ai l’impression que ces gars la l’ont trouvé !