Ce billet a été initialement publié le 27 juin 2007. Il est plus que jamais d’actualité puisqu’on reparle ces jours-ci de Gustave Courbet et de son tableau le plus célèbre, à savoir l’origine du monde, qui fit scandale à sa sortie. Il faut savoir que le peintre a également jeté un regard singulier sur la mer. C’est dans TENDANCE BLEUE, le blog de la mer au sens large..

Ecoutons pour commencer Emile Zola qui écrit ces lignes dans ses Lettres de Paris intitulées L’Ecole française de peinture à l’Exposition de 1878  :

« J’ai dit que jusqu’ici il y a eu trois grands talents dans l’école française du XIXème siècle : Eugène Delacroix, Ingres et Courbet, et que ce dernier était aussi grand que les deux premiers. Les trois ensemble ont révolutionné notre art : Ingres accoupla la formule moderne à l’ancienne tradition ; Delacroix symbolisa la débauche des passions, la névrose romantique de 1830 ; Courbet exprima l’aspiration au vrai – c’est l’artiste acharné au travail, asseyant sur une base solide la nouvelle formule de l’école naturaliste. Nous n’avons pas de peintre plus honnête, plus sain, plus français. Il a fait sienne la large brosse des artistes de la Renaissance, et s’en est servi uniquement pour dépeindre notre société contemporaine »

La mer a très longtemps été considérée comme une terrain hostile même si les hommes s’y sont aventurée très tôt. Le monde des arts a pendant une longue période reflété cet état d’esprit. C’est à partir du 19 éme siècle que le mer est devenue un sujet à part entière et l’oeuvre de Gustave Courbet (1819-1877) n’est pas étrangère à ce changement d’état d’esprit disent les observateurs. « La Vague » de Courbet a été peinte en 1869 et a été achetée en 2002 par un collectionneur américain. Courbet vient à cette époque régulièrement séjourner sur la côte Normande. Il entamera une série d’oeuvres sur la mer et les vagues et son travail aura une grande influence. Avant Courbet, peindre la mer se résumait aux tableaux de batailles navales.

Ses contemporains et successeurs, parmi lesquels Monet, Boudin, Isabey, Maufra, Gauguin ou Guillaumin planteront quant à eux leur chevalet sur la grève. Contrairement à Courbet qui s’intéresse avant tout à la reconstitution des mouvements de l’eau et à la fluidité de cet élément et qui voit dans la photographie un moyen rêvé de figer ses perceptions, ils s’intéressent aux paysages côtiers et à sa vie rythmée par les marées et les saisons. Tous auront été marqués par les estampes marines japonaises les plus célèbres que l’Europe découvre alors.

Je vous invite à lire le texte d’Annette Haudiquet extrait du catalogue d’exposition « Vagues, autour des Paysages de mer de Gustave Courbet » , et qui parle du changement de perception de la mer à l’époque. C’est très intéressant. Egalement, la vision de la mer au XIX ème siècle avec l’analyse comparative des peintures de Courbet et Turner par exemple.

Courbet fut surnommé « le chef de file de l’école du laid ». Aux débuts ses tableaux ne firent pas l’unanimité. Aujourd’hui il est universellement considéré comme un précurseur. Ce qui est intéressant, c’est que cet homme a eu bien avant les autres une perception de la mer très proche dans l’esprit de la nôtre. Admirative, contemplative et qu’il a inspiré les autres. Gustabe Courbet aimait la mer, ca nous rapproche tous de lui.

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