Archives TENDANCE BLEUE, 12 mars 2007

Quelques rebonds sur internet au hasard d’une recherche. Un nom, Joseph Vernet peintre de marine du 18 ème siècle. Et un sujet « connexe », intéressant sur la fabrication des navires au 18 ème siècle lu sur le site du Musée de la Marine et reproduit tel quel ici. intéressant à plus d’un titre. Notamment en pensant que si le polyester n’est pas aujourd’hui une bénédiction pour l’environnement, la construction d’un navire de l’époque nécessitait quand même 3000 chênes…. En illustration, une peinture de Vernet du Port de Marseille.

Les bois de marine
La construction d’un vaisseau de haut bord nécessite l’abattage de trois mille chênes centenaires. Le renouvellement de la flotte suppose donc une gestion soignée des forêts. Principales sources d’approvisionnement en France, les Pyrénées fournissent des sapins pour la mâture et le Languedoc des chênes pour la coque. Le transport des bois de marine se fait par flottage en utilisant les cours d’eau ou bien par convoyage sur les routes. A Toulon comme à Brest, les bois de construction sont immergés pendant plusieurs mois, maintenus sous l’eau au moyen de caissons chargés de pierres. Cette immersion permet de purger les bois de leur sève.

La coque
De la pose de la quille à son lancement, la construction d’un vaisseau dure entre quinze et dix-huit mois, pour une durée de vie de près de quinze ans. Sur le chantier, la coque est assemblée sur un plan incliné de trois degrés environ, facilitant ainsi la coulée du navire vers la mer à son lancement. La quille, l’étrave puis l’étambot sont installés. La coque prend son volume au fur et à mesure de la mise en place des varangues puis des membrures. Elle est complétée ensuite par les bordés, ces planches qui habillent l’intérieur et l’extérieur de la coque. Pour bien épouser la forme de la coque, les bordés sont auparavant passés à l’étuve.

Le calfatage
Pour une meilleure étanchéité et protection, la coque est calfatée. C’est une opération qui consiste à insérer de l’étoupe entre les bordés et à poser sur la coque un mélange de suif et de goudron.

Le gréement
Lancé vide, le vaisseau est ensuite lesté de tonnes de pierres à fond de cales. A flots, le vaisseau est mâté puis armé. Selon leur taille, les mâts sont soit constitués d’un arbre unique, soit composés de plusieurs fûts assemblés. Ils sont implantés dans la coque du navire grâce à des machines à mâter. Matière première des cordages, le chanvre est récolté au mois d’août, séché, battu, peigné, puis filé. Le cordage simple est appelé aussière et plusieurs aussières composent les grelins, les plus gros cordages à bord.

Dans les tableaux de Joseph Vernet…
Les chantiers de construction navale sont présents dans la majorité des vues des ports de Joseph Vernet. D’une toile à l’autre, le spectateur peut reconstituer les différentes étapes nécessaires à la construction des navires : immersion des bois dans la vieille  darse de Toulon, séchage des bois à La Rochelle, pose de la quille dans le parc d’artillerie de Toulon, calfatage de la coque à Bayonne, travail du chanvre pour les cordages à Rochefort… Parfois, le chantier apparaît en arrière plan comme dans la vue du port d’Antibes.

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2 Responses to De la construction des navires au 18 ème siècle

  1. Dr. Goulu dit :

    penser à long terme

    A propos de l’environnement, il faut relativiser : une émission « Thalassa » montrait une forêt de chênes plantés sur ordre d’un des derniers rois de France, pour que le bois ne manque pas 1 siècle plus tard… Certains arbres avaient même reçu des tuteurs/gabarits pour que les branches principales poussent à certains angles, de manière à produire des pièces spéciales.

    Vous connaissez beaucoup d’investissements actuels qui sont prévus pour ne fournir du rendement que dans plus d’un siècle ?

  2. Thierry dit :

    J’espère…

    Merci pour cette judicieuse remarque. Je ne sais pas, je ne pense pas et je l’espère sans trop y croire. J’écoutais un sujet à la radio aujourd’hui qui parlait de la futur exploitation du pétrole dans l’arctique (l’antarctique est pour l’instant protégé par un traité). Les Russes et la Norvège viennent de déposer un dossier pour obtenir les droits d’exploiter. Ce qui est fou ce que l’extration du pétrole en Arctique est désormais possible pour deux raisons. Le réchauffement climatique permet l’accès à ces zones au moins l’été et l’envolée du prix du baril fait qie l’extraction chère dans ces zones est aujourd’hui quand même rentable. On extraira donc du pétrole, ce qui ne fera que proroger la situation actuelle, les énergies fossiles alimentant le réchauffement climatique. Qui a dit que l’homme n’est pas un animal stupide…